Le collège anagogique

David Ellis et Arthur Scherbius furent les premiers à être intrigués, puis fascinés par les interprétations possibles, d'une clarté parfois exceptionnelle, émergeant des quatrains produits par la machine qu'ils avaient eux-mêmes construite. Une série de coïncidences — ou synchronicités — entre les écrits du Profator et des événements de leur propre vie ou du destin de la planète les amena rapidement à douter du côté purement mécaniste de leur création et à envisager la présence d'une certaine entité vivante, intelligente, à l'œuvre dans le Profator... une sorte d'être intermédiaire par qui transitaient des messages venus d'un « Tout-Autre » mystérieux...

David Ellis, au fil de ses voyages et de ses rencontres, fut vite convaincu de l'aspect prémonitoire des quatrains, et s'attacha à en décrypter le sens de manière plus systématique et approfondie. C'est ainsi qu'il soumit certaines sentences, dont le sens lui parut exceptionnellement important, à des personnages aux dons médiumniques notoires, pour en faire confirmer ce que son intuition lui avait fait entrevoir. Ces personnages restèrent en relation suivie avec David Ellis jusqu'à la disparition mystérieuse de celui-ci, en 1959, et constituèrent ce que David Ellis nomma lui-même le Collège anagogique. La tâche des membres de ce Collège fut de faire jaillir par la concertation le sens le plus évident et le plus cohérent des quatrains remarquables.