Le Profator de David Ellis

Quand David Ellis débarqua d'une péniche à Paris, dans le milieu des années 20, il n'avait pour seul bagage qu'une machine à écrire. Il présenta sous le nom de Profator cette étrange machine qui composait des poèmes de quatre vers sans la moindre intervention humaine — des quatrains cathartiques !

David Ellis fonda le mouvement cathartique, qui connut un certain succès auprès des dadaïstes, puis il disparut complètement de ce cénacle parisien confidentiel, mystérieusement, à la fin des années 30.

Jusqu'à présent, nos recherches pour retrouver sa trace, perdue depuis 1959, ont été vaines. En revanche, concernant sa machine, le hasard nous a été favorable : lors de notre enquête, quelqu'un se présenta à nous sous le nom de Petramelli.

Le personnage, relativement âgé, nous apprit qu'une machine Profator de ce type lui avait été confiée dans sa jeunesse, alors qu'il était pensionnaire dans un collège. Sous le sceau du secret, un vieux répétiteur de langues vivantes, à la veille de sa retraite, avait ouvert devant lui une vénérable armoire d'une salle de sciences naturelles. Sur l'une des étagères de cette armoire se trouvait la machine à écrire de David Ellis. Peu de temps après le départ à la retraite de cet enseignant, le jeune Petramelli reçut un paquet qui se révéla être cette fameuse machine Profator.

Petramelli nous présenta l'objet, qui fonctionnait encore parfaitement, et nous autorisa à mettre en ligne les créations cathartiques du Profator en temps réel. Nous vous invitons à vous connecter sur cette machine étonnante en cliquant sur elle.